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Le Mari, la Femme, l’Amant de Sacha Guitry

14 janvier | 21h30 - 7 mai | 21h30

Création 2020

Le Mari, la Femme, l'Amant
de Sacha Guitry

METTEUR EN SCÈNE : Diane Lotus

COMÉDIEN-NE-S : Jimmy Borges, Judy Passy, Diane Lotus, Lorette Magnier, Léo Marchand, Paul Wilmart, et en alternance, Julian Baudoin, Tiphaine Froid, Léonardo Parcoret

Un cocu, un séducteur, et une femme qu’ils aiment tous deux… voilà un sujet de vaudeville bien connu ! Mais connaissez-vous la fin de l’histoire ?

Pendant un dîner, la relation qu’entretiennent Janine et son amant Jacques est à deux doigts d’être découverte par Frédéric, le mari. Cela oblige les amants à éviter dorénavant tout geste qui rendrait leur liaison publique… Janine et Jacques, professionnels dans l’art du mensonge, vont jouer de leurs atouts pour duper à la fois amis et mari. C’est sans compter sur le serment qu’ils se font…

Avec Le Mari, la Femme et l’Amant, Sacha Guitry nous livre la partie triviale de l’âme humaine, en affirmant avec humour, vivacité et verve que l’infidélité est un des piliers de la vie de couple.

Accompagnée de quelques notes entraînantes de jazz et de claquettes, cette comédie intemporelle fait écho au moment de sa création, en 1919.

Cent ans après, ces personnages sont toujours aussi présents dans nos vies.

Pourquoi Le Mari, la Femme, l’Amant, de Sacha Guitry ?

Dans la perspective du retournement des rapports homme-femme 

Monter Le Mari, la Femme et l’Amant, de Sacha Guitry, le dramaturge à la fameuse maxime : « Je suis contre les femmes. Tout contre », peut paraître en décalage avec les mœurs actuelles. À l’ère de la parole libérée, de la sororité, ce texte d’un homme pour les hommes, sonne comme une insulte pour les femmes et un fort mauvais exemple pour les hommes. Cette représentation du sexe « faible », coupable toujours, coupable même des torts des hommes, n’a plus sa place sur scène et sur terre. 

Cependant, quand la mise en scène et le jeu démontrent clairement leur dessein dès le départ, un différent éclairage s’installe et le comique éclot, d’autant plus drôle qu’il se revêt d’énormité. Leur comportement échappe à tous les personnages, le public s’exclame et le tour est joué. 

Si l’on renverse l’ordre, implicitement sur une affiche en bousculant l’ordre des mots ou explicitement sur une scène, dans la prononciation claire et sincère des absurdités, Le Mari la Femme, L’Amant évolue en La Femme, le Mari, l’Amant. 

Ce petit changement révolutionne le statut des actrices et de leurs personnages féminins. Elles deviennent des sujets répondants. La femme n’obéit pas. Elle se libère des codes de conduite que le père, le frère, le mari lui ont imposés. Elle se délivre d’une emprise et choisit à qui elle s’offre et comment. 

Voilà bien un manifeste pour les droits des femmes : droit de désirer, d’être désirable. Le droit de s’affranchir des règles masculines et maritales. Finalement le droit d’être femme, séparément d’un nom de famille et d’un « ménage » à mener. Cette création de Guitry lui donne une nouvelle liberté. 

Grâce à une esthétique simple et efficace

Il s’agit par des costumes atemporels, une scénographie utile et non ornementale, de toucher un large public. En privilégiant un petit décor mouvant, les personnages apparaissent plus distinctement. Trois tabourets-coffres amovibles et une lampe immobile remplissent l’espace. 

La scène tend à un monde imagé, plus qu’à un intérieur concret et naturaliste. Une lampe peut aussi servir de socle pour un téléphone, car au théâtre, tout se fait : lorsque l’acteur y croit, le public comprend. 

Grâce aux voix, au double sens des mots, aux situations, la dimension comique pourra ressortir aussi bien que la vérité profonde en arrière-plan dans le genre du vaudeville. Les apartés au public et la présence d’un fond jazzy dynamiseront ce spectacle, ainsi que des épisodes de claquettes. 

Pour un public averti 

En 1919, lorsque la pièce est jouée et dans ses versions successives, les femmes portent une robe. Dans notre variante, aucune. Elles portent des pantalons. 

Jusqu’en 2013, les femmes n’avaient pas la permission légale de porter des pantalons et avant, uniquement sur autorisation préfectorale.

En 2020 au Soudan, on les flagelle publiquement de quarante coups de fouet pour cette rébellion. 

Le spectateur ne doit pas perdre de vue la dualité palpable en chaque humain, mâle et femelle. Ils demeurent des êtres rationnels qui laissent souvent place aux individus instinctifs. Faits pour une scène de théâtre. 

Bien à vous,

Diane Lotus